Madagascar
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Madagascar
Des origines à nos jours Madagascar, une île à part
Bien que proche de l'Afrique, Madagascar n'a rien de commun avec le continent noir. Cette île de l'océan Indien est née comme l'Australie d'un morcellement du continent austral.
Sa géologie, sa flore et sa faune en attestent par leurs particularités que l'on ne retrouve nulle part ailleurs (Madagascar est ainsi l'unique habitat des lémuriens, petits singes à longue queue).
Un peuplement récent
D'une superficie de 587.000 km2, la Grande Île est plus vaste que la France.
Du fait de la déforestation et de l'élevage extensif d'immenses troupeaux de zébus, une grande partie de son territoire a perdu son humus et n'est plus recouvert que d'une carapace stérile de teinte rouge, la latérite. Cela vaut à Madagascar le surnom d'Île rouge.
Font exception les hauts plateaux du centre (1000 mètres d'altitude), au climat tempéré, et le littoral oriental, autour du port de Tamatave, au climat tropical, avec quelques lambeaux d'une belle forêt primaire.
La plus grande partie des habitants de Madagascar sont arrivés il y a 2000 à 3000 ans sur des pirogues en provenance de l'Insulinde, après avoir traversé tout l'océan Indien. Les premiers arrivés ont occupé les hauts plateaux du centre où ils ont introduit la riziculture irriguée en terrasse.
Le premier Européen qui ait abordé l'île est le Portugais Diego Diaz. Mais ni les Portugais ni leurs rivaux hollandais et anglais ne manifestent d'intérêt pour cette île qui n'a ni or ni épices !
Premiers contacts avec les Français
En 1642, une expédition française repère une presqu'île sur la côte orientale et y bâtit un fort, baptisé Fort-Dauphin en l'honneur du futur roi Louis XIV, mais abandonné dès1674.
Au début du siècle suivant, les rades et les baies profondes de l'île, bien situées sur la route des Indes, vont devenir le repaire de nombreux flibustiers et pirates. Certains de ces marins se constituent de véritables royaumes
Unification politique
Madagascar est unifiée au début du XIXe siècle par un roi des hauts plateaux. Ce roi du nom d'Andrianampoinimerina appartient à l'ethnie merina ou hova (on prononce ouv).
Il soumet les populations côtières et crée l'ébauche d'un véritable État tandis que des missionnaires français et surtout britanniques convertissent la population au christianisme, les premiers dans sa version catholique, les seconds dans sa version protestante.
La capitale du roi Andrianampoinimerina, étagée sur plusieurs collines, domine les hauts plateaux rizicoles. Elle a nom Tananarive (c'est ainsi que le nom s'écrit en français ; les Malgaches eux-mêmes l'écrivent Antananarivo mais le prononcent... Tananarive !).
Il interdit le trafic d'esclaves à destination des Mascareignes. Il crée les premières écoles avec l'aide d'un Français et fait transcrire la langue malgache dans l'alphabet latin.
Sous le règne des souverains suivants, les Britanniques font sentir leur influence à Tananarive et le presbytérianisme est même déclaré religion d'État en 1869. Les Français quant à eux renforcent leur présence parmi les populations côtières, rivales des Mérinas des hauts plâteaux.
Colonisation et révoltes
[size=18]Le 17 décembre 1885, les Français imposent à la reine malgache un protectorat de fait. Et le 1er octobre 1895, ils entrent à Tananarive. Un peu plus tard, ils réduisent le royaume à une simple colonie. La «pacification» est menée tambour battant par le général Gallieni, assisté de Lyautey.
Dans son désir d'accélérer le développement de l'île, Gallieni instaure le travail forcé et encourage la venue de colons européens.
En réaction, les Malgaches rebelles forment des sociétés secrètes et complotent contre le colonisateur. Une nouvelle révolte en 1904-1905 entraîne le départ du gouverneur.
Le 22 février 1946 est fondé un parti autonomiste, le Mouvement démocratique de rénovation malgache (MDRM). Il va être à l'origine de la terrible rébellion de 1947.
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Vers l'indépendance
Madagascar, comme les colonies françaises d'Afrique noire, accède à l'indépendance après le retour du général de Gaulle au pouvoir. Philibert Tsiranana en devient le premier président de la République.
Modéré, il mène le pays avec sagesse. Mais après sa mort, un capitaine de frégate aux idées sommaires, Didier Ratsiraka, instaure la dictature.
Il mène le pays au chaos tout en se maintenant au pouvoir grâce à une garde rapprochée de policiers nord-coréens.
Il quitte la scène politique en 2002 et Marc Ravalomanana, un jeune chef d'entreprise, est élu démocratiquement à la présidence de la République.
Madagascar, qui compte en ce début du XXIe siècle 20 millions d'habitants (4 à 5 fois plus qu'en 1947), tarde hélas à suivre l'exemple de ses cousins de l'océan Indien et à s'engager sur la voie du progrès économique.
Bien que proche de l'Afrique, Madagascar n'a rien de commun avec le continent noir. Cette île de l'océan Indien est née comme l'Australie d'un morcellement du continent austral.
Sa géologie, sa flore et sa faune en attestent par leurs particularités que l'on ne retrouve nulle part ailleurs (Madagascar est ainsi l'unique habitat des lémuriens, petits singes à longue queue).
Un peuplement récent
D'une superficie de 587.000 km2, la Grande Île est plus vaste que la France.
Du fait de la déforestation et de l'élevage extensif d'immenses troupeaux de zébus, une grande partie de son territoire a perdu son humus et n'est plus recouvert que d'une carapace stérile de teinte rouge, la latérite. Cela vaut à Madagascar le surnom d'Île rouge.
Font exception les hauts plateaux du centre (1000 mètres d'altitude), au climat tempéré, et le littoral oriental, autour du port de Tamatave, au climat tropical, avec quelques lambeaux d'une belle forêt primaire.
La plus grande partie des habitants de Madagascar sont arrivés il y a 2000 à 3000 ans sur des pirogues en provenance de l'Insulinde, après avoir traversé tout l'océan Indien. Les premiers arrivés ont occupé les hauts plateaux du centre où ils ont introduit la riziculture irriguée en terrasse.
Le premier Européen qui ait abordé l'île est le Portugais Diego Diaz. Mais ni les Portugais ni leurs rivaux hollandais et anglais ne manifestent d'intérêt pour cette île qui n'a ni or ni épices !
Premiers contacts avec les Français
En 1642, une expédition française repère une presqu'île sur la côte orientale et y bâtit un fort, baptisé Fort-Dauphin en l'honneur du futur roi Louis XIV, mais abandonné dès1674.
Au début du siècle suivant, les rades et les baies profondes de l'île, bien situées sur la route des Indes, vont devenir le repaire de nombreux flibustiers et pirates. Certains de ces marins se constituent de véritables royaumes
Unification politique
Madagascar est unifiée au début du XIXe siècle par un roi des hauts plateaux. Ce roi du nom d'Andrianampoinimerina appartient à l'ethnie merina ou hova (on prononce ouv).
Il soumet les populations côtières et crée l'ébauche d'un véritable État tandis que des missionnaires français et surtout britanniques convertissent la population au christianisme, les premiers dans sa version catholique, les seconds dans sa version protestante.
La capitale du roi Andrianampoinimerina, étagée sur plusieurs collines, domine les hauts plateaux rizicoles. Elle a nom Tananarive (c'est ainsi que le nom s'écrit en français ; les Malgaches eux-mêmes l'écrivent Antananarivo mais le prononcent... Tananarive !).
Il interdit le trafic d'esclaves à destination des Mascareignes. Il crée les premières écoles avec l'aide d'un Français et fait transcrire la langue malgache dans l'alphabet latin.
Sous le règne des souverains suivants, les Britanniques font sentir leur influence à Tananarive et le presbytérianisme est même déclaré religion d'État en 1869. Les Français quant à eux renforcent leur présence parmi les populations côtières, rivales des Mérinas des hauts plâteaux.
Colonisation et révoltes
[size=18]Le 17 décembre 1885, les Français imposent à la reine malgache un protectorat de fait. Et le 1er octobre 1895, ils entrent à Tananarive. Un peu plus tard, ils réduisent le royaume à une simple colonie. La «pacification» est menée tambour battant par le général Gallieni, assisté de Lyautey.
Dans son désir d'accélérer le développement de l'île, Gallieni instaure le travail forcé et encourage la venue de colons européens.
En réaction, les Malgaches rebelles forment des sociétés secrètes et complotent contre le colonisateur. Une nouvelle révolte en 1904-1905 entraîne le départ du gouverneur.
Le 22 février 1946 est fondé un parti autonomiste, le Mouvement démocratique de rénovation malgache (MDRM). Il va être à l'origine de la terrible rébellion de 1947.
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Vers l'indépendance
Madagascar, comme les colonies françaises d'Afrique noire, accède à l'indépendance après le retour du général de Gaulle au pouvoir. Philibert Tsiranana en devient le premier président de la République.
Modéré, il mène le pays avec sagesse. Mais après sa mort, un capitaine de frégate aux idées sommaires, Didier Ratsiraka, instaure la dictature.
Il mène le pays au chaos tout en se maintenant au pouvoir grâce à une garde rapprochée de policiers nord-coréens.
Il quitte la scène politique en 2002 et Marc Ravalomanana, un jeune chef d'entreprise, est élu démocratiquement à la présidence de la République.
Madagascar, qui compte en ce début du XXIe siècle 20 millions d'habitants (4 à 5 fois plus qu'en 1947), tarde hélas à suivre l'exemple de ses cousins de l'océan Indien et à s'engager sur la voie du progrès économique.

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Date d'inscription: 14/12/2008
Re: Madagascar
1er octobre 1895 Madagascar sous protectorat français
Le 1er octobre 1895, un corps expéditionnaire français entre à Tananarive, capitale de Madagascar. Il impose un traité de protectorat à la reine de l'île, Ranavalo III.
L'île devient partie intégrante de l'Empire français pour un peu plus d'un demi-siècle.
La colonisation brise net l'élan vers la modernité amorcé au début du XIXe siècle par la formation d'un État centralisé sur les hauts plateaux.Joseph Savès
Concurrence franco-britannique
A la fin du XIXe siècle, Britanniques et Français se font concurrence à Madagascar à travers leurs missionnaires et leurs trafiquants. Les premiers font sentir leur influence à Tananarive, la capitale, tandis que les Français renforcent leur présence parmi les populations côtières, rivales des Mérinas des hauts plateaux.
En 1883, les Français précipitent les choses en bombardant le port de Tamatave, en pays sakalave. Le 17 décembre 1885, enfin, ils imposent au souverain malgache la cession de la baie de Diégo-Suarez, à la pointe nord de l'île, le contrôle par eux-mêmes de la politique étrangère du royaume malgache, l'installation d'un résident français à Tananarive et, par-dessus le marché, une indemnité de guerre ! Ce traité léonin est un protectorat qui ne dit pas son nom mais sa mise en application se heurte à la résistance passive de la reine Ranavalo III.
Conquête française
Pour en finir, un corps expéditionnaire français sous le commandement du général Duchesne débarque à Majunga. Il remonte jusqu'à Tananarive, sur les hauts plateaux, principale ville et capitale de la Grande Île.
Le 1er octobre 1895, il entre dans la capitale et impose à la reine Ranavalo III un protectorat en bonne et due forme. Mais, aussitôt après, éclate la révolte dite des«Menalamba»(ou toges rouges, le«lamba» étant le vêtement national des Malgaches). Le royaume est alors formellement annexé par la France le 6 août 1896.
Le général Duchesne, impuissant à mater la rébellion, est remplacé par le colonel Joseph Gallieni (45 ans), promu général pour l'occasion et pourvu des pleins pouvoirs civils et militaires.
Gallieni a déjà montré son savoir-faire en Indochine face aux «Pavillons noirs», avec un adjoint promis comme lui à un brillant avenir : Hubert Lyautey.
Le nouvel homme fort de l'île arrive à Tananarive avec un bataillon de la Légion étrangère.
Sans tarder, il fait arrêter les deux personnages qui inspirent la rébellion, à savoir l'oncle de la reine, détesté du peuple, et son ministre de l'Intérieur, au contraire très populaire. Tous les deux sont fusillés pour l'exemple. Le 28 février 1897, la reine est quant à elle exilée à La Réunion puis à Alger.
Les hauts plateaux mérinas étant soumis, Gallieni se consacre par étapes à la «pacification» des régions côtières, en particulier des Sakalaves de l'Est, combinant fermeté et générosité, n'hésitant pas à faire exécuter les meneurs de la révolte. Le fidèle Lyautey débarque en ligne droite du Tonkin pour le soutenir dans cette nouvelle tâche.
Dans son désir d'accélérer le développement de l'île, Gallieni instaure le travail forcé et encourage la venue de colons européens. En réaction, les Malgaches rebelles forment des sociétés secrètes et complotent contre le colonisateur. Une nouvelle révolte en 1904-1905 entraîne le départ du gouverneur. En 1924, le travail forcé est remplacé par des «travaux d'intérêt général» sans que cela change grand-chose au sort des Malgaches, surtout dans les régions de plantations, sur la côte orientale. -
Le 1er octobre 1895, un corps expéditionnaire français entre à Tananarive, capitale de Madagascar. Il impose un traité de protectorat à la reine de l'île, Ranavalo III.
L'île devient partie intégrante de l'Empire français pour un peu plus d'un demi-siècle.
La colonisation brise net l'élan vers la modernité amorcé au début du XIXe siècle par la formation d'un État centralisé sur les hauts plateaux.Joseph Savès
Concurrence franco-britannique
A la fin du XIXe siècle, Britanniques et Français se font concurrence à Madagascar à travers leurs missionnaires et leurs trafiquants. Les premiers font sentir leur influence à Tananarive, la capitale, tandis que les Français renforcent leur présence parmi les populations côtières, rivales des Mérinas des hauts plateaux.
En 1883, les Français précipitent les choses en bombardant le port de Tamatave, en pays sakalave. Le 17 décembre 1885, enfin, ils imposent au souverain malgache la cession de la baie de Diégo-Suarez, à la pointe nord de l'île, le contrôle par eux-mêmes de la politique étrangère du royaume malgache, l'installation d'un résident français à Tananarive et, par-dessus le marché, une indemnité de guerre ! Ce traité léonin est un protectorat qui ne dit pas son nom mais sa mise en application se heurte à la résistance passive de la reine Ranavalo III.
Conquête française
Pour en finir, un corps expéditionnaire français sous le commandement du général Duchesne débarque à Majunga. Il remonte jusqu'à Tananarive, sur les hauts plateaux, principale ville et capitale de la Grande Île.
Le 1er octobre 1895, il entre dans la capitale et impose à la reine Ranavalo III un protectorat en bonne et due forme. Mais, aussitôt après, éclate la révolte dite des«Menalamba»(ou toges rouges, le«lamba» étant le vêtement national des Malgaches). Le royaume est alors formellement annexé par la France le 6 août 1896.
Le général Duchesne, impuissant à mater la rébellion, est remplacé par le colonel Joseph Gallieni (45 ans), promu général pour l'occasion et pourvu des pleins pouvoirs civils et militaires.
Gallieni a déjà montré son savoir-faire en Indochine face aux «Pavillons noirs», avec un adjoint promis comme lui à un brillant avenir : Hubert Lyautey.
Le nouvel homme fort de l'île arrive à Tananarive avec un bataillon de la Légion étrangère.
Sans tarder, il fait arrêter les deux personnages qui inspirent la rébellion, à savoir l'oncle de la reine, détesté du peuple, et son ministre de l'Intérieur, au contraire très populaire. Tous les deux sont fusillés pour l'exemple. Le 28 février 1897, la reine est quant à elle exilée à La Réunion puis à Alger.
Les hauts plateaux mérinas étant soumis, Gallieni se consacre par étapes à la «pacification» des régions côtières, en particulier des Sakalaves de l'Est, combinant fermeté et générosité, n'hésitant pas à faire exécuter les meneurs de la révolte. Le fidèle Lyautey débarque en ligne droite du Tonkin pour le soutenir dans cette nouvelle tâche.
Dans son désir d'accélérer le développement de l'île, Gallieni instaure le travail forcé et encourage la venue de colons européens. En réaction, les Malgaches rebelles forment des sociétés secrètes et complotent contre le colonisateur. Une nouvelle révolte en 1904-1905 entraîne le départ du gouverneur. En 1924, le travail forcé est remplacé par des «travaux d'intérêt général» sans que cela change grand-chose au sort des Malgaches, surtout dans les régions de plantations, sur la côte orientale. -

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